Crédit d’Impôt Innovation (CII)

Qu’est-ce que le Crédit d’Impôt Innovation (CII) ?

Un dispositif d’aide aux PME, complémentaire du CIR

Instauré par la loi de finances pour 2013, le Crédit d’Impôt Innovation (CII) est un dispositif fiscal destiné aux petites et moyennes entreprises (PME) au sens communautaire.
Il a vocation à compléter le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) en soutenant les entreprises qui engagent des dépenses spécifiques liées à l’innovation, sans nécessairement relever de la recherche au sens strict.

Le CII permet ainsi aux PME de bénéficier d’un crédit d’impôt au titre des opérations de conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux, dès lors que ces produits présentent un caractère innovant par rapport à l’existant sur le marché.

Périmètre de l’innovation au sens du CII

Dans le langage courant, on parle de « Crédit d’Impôt Innovation (CII) ».
Toutefois, il s’agit d’un abus de langage, puisque l’administration fiscale, dans le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP), qualifie juridiquement ces travaux de :

« dépenses d’innovation ouvrant droit au crédit d’impôt »

On parle ainsi indifféremment de CII ou de CIR-Innovation.
Dans ce cadre, l’innovation correspond exclusivement aux travaux de conception et de mise au point de produits nouveaux, matérialisés par :

  • des prototypes,

  • des installations pilotes,

  • ou des premières séries de validation technique.

Ces travaux doivent permettre de lever des incertitudes liées à l’usage, aux performances, à l’ergonomie ou aux fonctionnalités du produit.

Évolutions réglementaires – Loi de finances 2025

❓ Le CII est-il supprimé ?

Non.
La loi de finances pour 2025 a acté la prorogation du Crédit d’Impôt Innovation jusqu’au 31 décembre 2027, confirmant ainsi la pérennité du dispositif à moyen terme.

Une évolution du taux du CII

En revanche, la loi de finances pour 2025 a introduit une réduction du taux du CII, qui passe :

  • de 30 % à 20 %,

  • pour les dépenses engagées à compter du 1er janvier 2025.

Cette évolution renforce l’importance d’un cadrage précis des projets, d’une qualification rigoureuse des dépenses et d’une valorisation financière optimisée, afin de sécuriser et maximiser le bénéfice du dispositif.

Qui est éligible au Crédit d’Impôt Innovation (CII) ?

Les entreprises éligibles : les PME au sens communautaire

Le Crédit d’Impôt Innovation s’adresse exclusivement aux petites et moyennes entreprises (PME), telles que définies par la réglementation européenne.
Sont concernées les entreprises industrielles, artisanales, commerciales ou agricoles qui remplissent cumulativement les critères suivants :

  • moins de 250 salariés ;

  • un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros,
    ou un total de bilan inférieur à 43 millions d’euros.

Ces entreprises sont communément désignées comme des PME au sens communautaire.

Le cas particulier des entreprises en difficulté

Principe : exclusion des entreprises en difficulté

En principe, les entreprises considérées comme "en difficulté” sont exclues du bénéfice du Crédit d’Impôt Innovation.

Cette exclusion a été confirmée par l’administration fiscale dans sa doctrine (BOI-BIC-RICI-10-10-45-20), notamment à la suite des évolutions introduites par la loi de finances pour 2022 et précisées dans la mise à jour du 16 février 2022.

Sont ainsi exclues du CII :

  • les entreprises en difficulté au sens du droit européen ;

  • les entreprises faisant l’objet d’une injonction de récupération d’aide d’État non exécutée, prononcée avant que la Commission européenne ne déclare cette aide illégale et incompatible avec le marché intérieur.

Une exception temporaire reconnue par l’administration

L’administration fiscale a toutefois admis une exception limitée dans le temps, issue du règlement européen (RGEC) :

Les entreprises qui n’étaient pas en difficulté au 31 décembre 2019, mais qui sont devenues des entreprises en difficulté entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021, peuvent bénéficier du CII.

Cette tolérance vise principalement les entreprises fragilisées par la crise sanitaire.

Des incertitudes juridiques persistantes

Malgré ces précisions, de nombreuses zones d’ombre subsistent quant à l’exclusion des entreprises en difficulté du champ du CII, notamment :

  • Quelle est la définition exacte d’une “entreprise en difficulté” ?
    Le règlement européen (RGEC) fait référence aux entreprises soumises à des procédures collectives d’insolvabilité, sans toujours correspondre clairement aux procédures prévues en droit français (sauvegarde, redressement, liquidation, etc.).

  • À quel moment la situation de difficulté doit-elle être appréciée ?
    À la clôture de l’exercice ? Au 31 décembre ? Sur toute l’année ? À un instant donné ?

  • Une PME devenue entreprise en difficulté au 1er janvier 2023 peut-elle bénéficier du CII au titre des dépenses engagées en 2022 ?

  • Quid des entreprises en difficulté sur une partie seulement de l’exercice ?

Ces interrogations soulignent la nécessité d’une interprétation prudente, d’autant plus que la doctrine administrative se fonde sur des dispositions du RGEC qui ne sont pas explicitement reprises par la loi fiscale française.

Recommandation pratique

Dans l’attente d’une clarification complète par le législateur, l’administration ou le juge, il est fortement recommandéaux entreprises concernées de :

  • procéder à une analyse approfondie de leur situation financière et juridique ;

  • sécuriser leur position par le biais d’un rescrit fiscal, notamment en cas de doute sur la qualification d’“entreprise en difficulté”.

Quels sont les critères d’éligibilité des projets au CII ?

Pour être qualifié de produit innovant au sens du CII, le produit doit présenter des performances supérieures à celles des produits existants sur le marché, selon au moins l’un des axes suivants :

  • performances techniques (fiabilité, précision, vitesse, robustesse, etc.) ;

  • ergonomie (facilité d’usage, expérience utilisateur, adaptation aux usages) ;

  • éco-conception (réduction de l’impact environnemental lors de la fabrication, de l’utilisation ou de la fin de vie) ;

  • fonctionnalités (ajout de nouvelles fonctions ou usages significativement améliorés).

Ces critères doivent être démontrés dans le cadre des travaux de conception de prototypes ou d’installations pilotes, et justifiés de manière documentée et cohérente.

Calcul du Crédit d’Impôt Innovation (CII)

Nouveauté 2025 – Évolution du taux du CII

La loi de finances pour 2025 a introduit une réduction du taux du Crédit d’Impôt Innovation, applicable aux dépenses engagées à compter du 1er janvier 2025.

Le taux du CII est désormais fixé à 20 % des dépenses d’innovation éligibles.

Cette évolution rend d’autant plus stratégique la qualification précise des projets, la valorisation financière rigoureuse des dépenses et la sécurisation documentaire du dispositif.

Historique des règles de calcul du CII

Dépenses engagées à partir du 1er janvier 2023

À la suite de la loi de finances pour 2022, les règles de calcul du CII ont été profondément modifiées :

  • le taux nominal du CII a été porté à 30 % (avant d’être ramené à 20 % à compter de 2025) ;

  • le forfait de frais de fonctionnement a été supprimé.

Ainsi, pour les dépenses exposées entre 2023 et 2024 :

  • le CII représentait 30 % des dépenses d’innovation éligibles ;

  • le taux était porté à :

    • 60 % pour les exploitations situées en outre-mer ;

    • 40 % et 35 % en Corse, respectivement pour les petites et moyennes entreprises.

Dépenses engagées en 2022 et antérieures

Pour les exercices antérieurs à 2023 :

  • le taux du CII était fixé à 20 % dans le cas général ;

  • il était porté à :

    • 40 % pour les départements d’outre-mer ;

    • 40 % et 35 % en Corse (PME et ETI, selon les cas).

À cette époque, un forfait de frais de fonctionnement était intégré à l’assiette, selon des modalités identiques à celles du CIR :

  • 43 % des dépenses de personnel ;

  • 75 % des dotations aux amortissements.

Quelles sont les dépenses éligibles au CII ?

Les dépenses éligibles au Crédit d’Impôt Innovation sont globalement proches de celles du CIR, tout en étant plus restrictives sur certains postes.

Sont notamment éligibles :

  • les dotations aux amortissements des immobilisations (matériels, équipements, bâtiments) acquis ou créés à l’état neuf et affectés directement aux opérations d’innovation ;

  • les dépenses de personnel directement impliqué dans les opérations d’innovation (ingénieurs, techniciens, équipes projet) ;

  • les dépenses de sous-traitance confiées à des organismes publics ou privés agréés (entreprises, bureaux d’études, sociétés d’ingénierie) ;

  • les frais liés à la propriété intellectuelle, incluant :

    • dépôt,

    • maintenance,

    • défense des brevets, certificats d’obtention végétale, dessins et modèles ;

  • les dépenses d’innovation sous-traitées, lorsqu’elles sont confiées à des organismes agréés.

Important :
À compter des dépenses engagées à partir de 2023, les frais de fonctionnement sont exclus de l’assiette du CII.

Contrairement au CIR, les dépenses de normalisation et de veille technologique sont exclues du périmètre du CII.

Déclaration du CII et remboursement immédiat

Le CII étant réservé aux PME au sens communautaire, et sous réserve qu’elles ne soient pas en difficulté financière, ces entreprises bénéficient automatiquement du remboursement immédiat du crédit d’impôt.

Pour cela, elles doivent déposer :

  • le formulaire CERFA 2069-A, en renseignant l’encart dédié au CII (calcul de la créance) ;

  • le formulaire CERFA 2573, correspondant à la demande de remboursement immédiat.

Les modalités déclaratives du CII sont ainsi très proches de celles du CIR, tant sur le fond que sur le calendrier.

La demande d’agrément CII

À l’instar du CIR, il est possible de solliciter un agrément au titre du Crédit d’Impôt Innovation, notamment pour les entreprises souhaitant réaliser des opérations d’innovation pour le compte de tiers.

Les modalités d’agrément évoluant régulièrement, il est recommandé de consulter :

  • le site du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) ;

  • ou le portail officiel entreprendre.service-public.fr.

À noter :

  • une société déjà agréée au CIR peut solliciter un agrément automatique au CII ;

  • l’inverse n’est pas possible : un agrément CII ne permet pas d’obtenir automatiquement un agrément CIR.